POURQUOI JE N’ARRIVE PAS À CHANGER ?

Article mis à jour le 18/04/2026

Il existe quantité de facteurs qui peuvent nous empêcher de changer. Des situations, des gens, parfois des éléments pas du tout sous notre contrôle. C’est ce qui se passe, maintenant. Mais dans énormément de situations, ce qui nous empêche d’avancer, c’est nous. Nous refusons inconsciemment d’avancer, alors que cela se ferait tout seul si nous arrêtions de bloquer le processus.

Ce n’est pas pour autant qu’il faut forcer le passage, parce qu’il y a peut-être de bonnes raisons que vous n’avanciez pas (ce n’est pas juste pour vous… ou pour quelqu’un d’autre, pas maintenant, pas aussi vite, vous n’êtes pas prêts…)

Alors pourquoi on n’arrive pas à changer ? Explorons cela ensemble.

Votre perception inconsciente

La science et l’imagerie cérébrale montrent que notre cerveau a un fonctionnement de base très simple : nos choix sont faits d’abord inconsciemment et automatiquement, puis sont conscientisés après. Le cerveau choisit un café ou un thé, par exemple, puis ce choix monte à la conscience et donne l’impression de l’avoir fait consciemment.

Ces choix sont toujours les meilleurs choix possibles, en fonction des circonstances et des informations disponibles dans l’instant. Il est donc scientifiquement impossible de faire un mauvais choix, du point de vue du cerveau, même si nous sommes bien d’accord qu’extérieurement cela peut être perçu comme une erreur si le résultat attendu n’est pas adapté. 

Cette solution est toujours basée sur une recherche de positif, de plus de bien-être par exemple, ou de fuite du négatif, de moins de souffrance. Si nous n’arrivons pas à changer, c’est donc souvent parce que notre perception (inconsciente) est que notre état actuel est mieux que notre état désiré. La bonne nouvelle est que l’on peut changer cela.

Êtes-vous carotte ou bâton ?

Si je vous demande pourquoi vous tenez votre volant quand vous roulez en voiture, que répondrez-vous ? Que c’est pour rester sur la route… ou que c’est pour ne pas sortir de la route ? Il y a des gens qui sont attirés par le positif (rester sur la route) et d’autres qui fuient le négatif (ne pas sortir de la route). Il y a des gens qui étudient pour réussir, d’autres pour ne pas rater. Certains partent en vacances pour aller chercher le soleil (Je veux du soleil !), d’autres pour fuir la pluie (J’en ai marre de cette pluie !).

Nous fonctionnons tous de cette manière, avec des pourcentages qui peuvent varier.

Si vous fonctionnez à la carotte, et que vous ne changez pas, augmentez la taille de la carotte. Si vous fonctionnez au bâton, frappez plus fort. L’idéal étant de travailler sur les deux aspects. Donnez-vous envie d’avancer en positivant un maximum votre but, mais aussi en rendant votre situation actuelle plus désagréable. 

Si vous voulez vous détendre et que vous avez votre télécommande Netflix à 10 cm de votre main alors que ce roman que vous êtes en train de lire se trouve au premier étage quelque part dans ma chambre, c’est tout simplement plus simple de regarder Netflix que de lire votre livre.

Votre cerveau va faire le choix le plus facile. Vous pouvez donc inverser ça, par exemple en mettant la télécommande Netflix dans une armoire ou carrément au grenier et votre livre à 10 cm de votre main. 

Il n’y a rien de pire que la facilité. Cette fameuse « zone de confort » qui empêche d’avancer. Si vous êtes dans cette zone et que vous êtes parfaitement bien, restez-y, évidemment. Mais pour beaucoup, cette zone est confortable mais pas du tout agréable.

Quelques questions à se poser

Si vous réalisez que, d’une manière ou d’une autre, il y a un refus d’avancer, commencez par vous demander honnêtement ce qui va se passer si vous y arrivez. Imaginez-vous dans la situation et constatez les effets que cela aura sur vous et votre vie. Vous pourriez être surpris de trouver quelques éléments qui vous aideront à comprendre les raisons profondes de votre refus :

Que va-t-il se passer si j’y arrive ?

Cela pourrait bien vous connecter avec toute une série de peurs : la peur de ce qu’on va penser de moi, la peur de réussir, la peur de perdre mes amis, la peur de me planter…

Mettez votre attention sur ces peurs qui sont la première chose à démonter. Commencez par travailler ça au lieu de vous épuiser à essayer de continuer à avancer alors que votre cerveau passe en mode survie dès que vous bougez. 

Cette question peut être inversée : « Qu’est-ce que je vais perdre si j’y arrive ? » Elle a pour but de prendre conscience d’éventuelles conséquences négatives liées au fait d’atteindre l’objectif. 

Lors d’un séminaire que j’ai suivi pendant une période de grands changements personnels vers l’âge de 32 ans, l’animateur me demanda d’imaginer que j’avais une baguette magique, que tout était possible, que j’avais tous les pouvoirs et que j’étais totalement libre de faire absolument n’importe quoi. Puis il me demanda ce que je ressentais en étant comme cela. Je lui répondis : « De la peur ! »

Quand vous avez grandi avec l’idée que rien n’était possible, l’idée d’être totalement libre peut faire plus peur qu’autre chose. Imaginez-vous dans la situation, ou posez-vous simplement la question suivante :

Comment je vais me sentir si j’y arrive ?

Parfois, on veut y arriver, et on sait que l’on se sentira bien en y arrivant, mais on veut aussi rester comme on est. Pourquoi ? Parce que c’est tellement plus confortable de rester comme ça… C’est plus facile, on connait, on maîtrise, on s’occupe de moi, sont autant de raisons qui font que l’on préfère échouer que réussir. Posez-vous alors cette question :

Quel intérêt j’ai à ne pas y arriver ?

Cette question peut aussi avoir des variantes comme : « Qu’est-ce que cela m’apporte de rester comme ça ? » ou « Qu’est-ce que j’aime dans le fait de rester comme je suis ? » Elle a pour but de prendre conscience d’éventuels avantages à ne surtout pas changer. Une réponse courante à cette question est que les gens continueront à me soutenir, je pourrai continuer à me plaindre, ou bien je pourrai continuer à me battre pour y arriver. Nous nous battons parfois depuis tellement longtemps « pour y arriver » que nous pouvons avoir l’impression que le jour où nous y arriverons nous n’aurons plus rien à faire…

Dans l’idée de la carotte et du bâton, et surtout de la fameuse zone de confort, vous pouvez aussi augmenter la taille du bâton en prenant conscience d’un avenir négatif  :

Comment vais-je me sentir dans 6 mois, 1 an ou 5 ans si je ne change pas ?

La majorité des gens qui sont sur leur lit de mort ont des regrets. « J’aurais dû faire ceci… ou cela… » « Si seulement j’avais osé… » Si vous ne le faites pas maintenant, quand le ferez-vous ? J’ai souvent dérangé des personnes incapables de quitter un emploi destructeur en leur posant cette question dérangeante : Combien de temps vas-tu tenir si tu ne changes pas ?

Les 3 raisons plus profondes

Les points précédents peuvent être liés à trois raisons profondes qui font que l’on s’auto-sabote ou que les évènements ne se mettent pas en place. Voyons lesquelles :

1. Ce n’est pas aligné avec qui je suis

Quand on essaye de faire quelque chose qui ne correspond pas à qui on est en profondeur, tout le système se bloque. Pour qu’une voiture roule, il faut que les roues soient alignées avec la voiture.

Si ce que je veux dans ma tête, si ce que j’ai décidé de faire ne correspond pas à ce qui est juste pour moi, à ce que j’ai envie de faire au fond de mon cœur, il y a un désalignement et tout se bloque. Tout devient flou, rien ne se met en place. Je m’épuise, je somatise et je tombe malade.

Quand ça arrive, j’ai le choix de continuer dans une voie qui n’est pas juste ou bien de prendre conscience de ce qui se passe et de réaliser que cette voie n’est pas OK pour moi. 

2. La manière de faire

Parfois c’est OK pour moi de faire ça, mais c’est la manière de le faire qui n’est pas juste. Exemple : j’essaye d’aider quelqu’un, mais en me sacrifiant et en faisant tout à sa place. Le problème n’est pas d’aider quelqu’un, le problème est ma manière de le faire.

Si j’essaye de me remettre au sport, mais que dès que je le fais je me planifie cinq soirées de fitness par semaine alors que je déteste ça, le problème n’est pas de me remettre au sport, le problème, c’est comment je le fais. C’est trop fort, c’est trop lourd, ce n’est pas adapté à ma situation actuelle ou à mon envie de bouger un peu.

3. Vous n’êtes pas prêt.

Si vous essayez de devenir coach, alors que vous n’avez pas résolu vos propres problèmes, vous allez vous auto-saboter. Si vous devenez nutritionniste, alors que vous mangez mal, si vous devenez prof de yoga, alors que vous avez fait une formation de quatre jours à Bali, si vous voulez devenir conférencier alors que vous n’arrivez pas à parler devant cinq personnes sans bégayer, vous allez vous auto-saboter.

Vous savez, inconsciemment, que vous n’êtes pas prêt. Donc faites confiance à la vie, continuez à travailler sur vous, continuez à évoluer au lieu d’aller trop vite. Quand vous serez prêt, les choses se mettront en place. 

Mais, en fait, quel est le problème ?

Vous n’avancez pas, bon, d’accord, et alors ? Qui a dit que vous deviez avancer ? La société ? La télévision ? Vos parents ? Votre ego ? Qui ? Cherchez celui ou celle qui vous met de la pression. C’est peut-être vous-même… Alors la question suivante peut être intéressante :

Pourquoi ça me dérange de ne pas y arriver ?

Posez-vous ensuite cette question : Qui souffre ? Vous allez vous rendre compte que soit vous vous faites du mal vous-même, ce qui n’est pas très judicieux, soit c’est quelqu’un d’autre. Si c’est vous, demandez-vous quel intérêt vous avez à vous faire du mal et surtout est-ce que vous avez envie de continuer à le faire. 

Si c’est quelqu’un d’extérieur, demandez-vous s’il est normal que vous souffriez à cause de quelqu’un d’autre ou de règles d’une société stupide qui engendre le plus haut taux de dépression dans les pays les plus aisés.

Le rôle de victime

On pourrait croire que le rôle de victime n’est pas intéressant. Et pourtant… Être une victime a souvent deux gros avantages. On peut bénéficier des deux ou d’un seul :

  • Il permet de ne pas passer à l’action (Je voudrais bien mais c’est à cause de…), et donc de ne pas risquer de se tromper. Soit parce que se tromper n’est pas autorisé, soit parce que je me suis déjà trompé et que j’en ai trop souffert.
  • Notre société sépare les gens en deux catégories : les gentils et les méchants. Et si vous observez l’histoire, vous remarquerez que depuis la nuit des temps les gentils sont toujours victimes des méchants. Être une victime permet donc de se classer (inconsciemment) dans la bonne catégorie, celle qui va aller au Paradis.

Ne restez pas seul.e

On peut parfois passer des semaines, des mois, voire des années à tourner en rond dans son bocal, en ne comprenant pas pourquoi on ne trouve pas de solution alors qu’en quelques minutes ou quelques heures, quelqu’un d’autre peut mettre le doigt sur ce qui coince et vous aider à avancer.

Si vous avez besoin d’aide parce que vous n’arrivez pas à clarifier une situation dans laquelle vous vous êtes noyé, contactez-moi et on en parle ensemble : demander une séance individuelle.

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