La méditation existe depuis des millénaires et s’est complexifiée en plusieurs courants, avec des techniques différentes et des objectifs divers. Car, au delà des techniques utilisées, c’est l’objectif visé qui est important quand on entame une démarche de méditation. Il n’y a pas de bonne ou mauvaise méditation. À chacun de trouver le type qui lui convient. Je conseille néanmoins à toute personne intéressée par la méditation de garder en tête qu’elle devrait rester libre de continuer ou d’arrêter sa pratique quand elle le désire.

Quelques types largement utilisés aujourd’hui en occident :

Le Yoga

Nombre de gens découvrent la méditation à travers le yoga. Chaque type de yoga utilise un support différent. Voici les pratiques les plus courantes directement liées à la méditation (il en existe plusieurs autres) :

  • Yoga des postures du corps (Hatha Yoga)
  • Yoga du souffle (Pranayama Yoga)
  • Yoga de l’énergie (Kundalini Yoga)
  • Yoga de la relaxation (Nidra Yoga)
  • Yoga de la connaissance (Jnana Yoga)

La méditation pratiquée dans le yoga en Occident est souvent un mélange de plusieurs de ces pratiques, ce qui est parfait pour un Occidental qui ne s’intéresse pas forcément à cette philosophie. À part pour le Jnana yoga, la vision occidentale du yoga a presque toujours un but de transformation (détente, relaxation ou soin) ou d’union (corps et esprit), contrairement aux méditations zen ou vipassana par exemple, qui n’ont pas pour but de modifier ce qui est.

Mindfulness (MBSR)

La Mindfulness de Jon Kabat-Zinn, tel qu’elle est présentée en occident, est une série d’exercices de méditation, relaxation et sophrologie qui ont pour but de gérer le stress, l’angoisse et la dépression. Elle est présentée sous la forme de 8 séances espacées d’une semaine.

La MBSR se base sur la pleine conscience (voir ci-dessous) mais ne correspond pas réellement à un type de méditation particulier. Pour en savoir plus : Méditation et Mindfulness (MBSR)

La pleine conscience

Comme son nom l’indique, la pleine conscience est une démarche qui consiste à être pleinement conscient. Dans son approche la plus simple, elle est une invitation à porter son attention sur le moment présent, instant après instant, de façon intentionnelle, et sans jugement de valeur. La plupart du temps, c’est ce que proposent les exercices de pleine conscience qui envahissent les écoles, les entreprises et les applis que l’on installe sur son téléphone. C’est suffisant pour la majorité, car tout le monde n’est pas intéressé par une démarche d’introspection.

Dans son approche plus avancée, la pleine conscience devient une invitation à être pleinement conscient de la réalité. Le moine Thich Nhat Hanh, un des premiers à avoir transmis les enseignements bouddhistes en Occident, en a fait une pratique à part entière qu’il transmet notamment en France au Village des pruniers

Méditation Vipassana

Considérée comme la plus ancienne technique de méditation bouddhiste, la méditation Vipassana consiste à prendre chaque phénomène qui apparaît, physique ou mental, comme objet de méditation. Le but est de comprendre la réalité de ces phénomènes (Vipassana signifie “voir la réalité comme elle est”). Deux techniques principales sont enseignées en Occident :

  • La méthode MAHASI invite à simplement observer les phénomènes quand ils apparaissent. C’est la méthode que j’utilise car elle correspond à la vision de la méditation comme un outil temporaire, un “entrainement” et pas comme quelque chose que l’on doit pratiquer toute sa vie sous peine de ne plus se sentir bien. Plus on pratique cette méthode, moins on a l’impression de la pratiquer. Pas parce qu’on ne l’utilise plus, mais parce qu’on l’utilise en permanence sans effort.
  • La méthode GOENKA, la plus connue, consiste à scanner le corps en suivant un ordre précis (au choix, mais toujours le même), en observant les sensations présentes et en développant l’équanimité par rapport à celles-ci (= ne plus juger mais juste constater). Cette méthode est parfois critiquée parce qu’elle demande un effort de concentration constant qui peut sembler à l’encontre du côté “détente” qu’est supposé amener la pratique. Goenka justifie cette attention délibérée par le fait qu’observer les phénomènes quand ils apparaissent risque de faire sauter l’attention d’un phénomène à l’autre sans réellement avoir le temps de prendre conscience de sensations plus subtiles.

Méditation zen (zazen)

Le zen vient du Japon, avec un aspect très “rituel” typique aux japonais. Je conseille d’associer la pratique de zazen avec la lecture de textes afin de comprendre la démarche globale du zen dont le centre est le Sutra du Coeur que l’on chante à la fin d’un zazen : Maka Hannya Haramita Shingyo. Il existe deux grandes branches dans le zen :

  • Le zen Sōtō, le plus répandu, invite à s’asseoir en silence, sans but, face à un mur (= face à soi), et à concentrer son attention sur sa posture et sa respiration. Quand des pensées surgissent, on les laisse passer comme des nuages dans le ciel et on revient à sa posture et à sa respiration.
  • Le zen Rinzai, moins répandu en occident, utilise un kōan, qui est une phrase ou une question paradoxale que pose le maître et que le disciple doit dissoudre (plutôt que résoudre). Comme le kōan ne peut être compris logiquement, il est une invitation au lâcher prise et à une compréhension plus large de la réalité.

Attention de ne pas mélanger le Zen qui est une philosophie et zazen qui est une pratique de méditation. Je ne suis jamais allé au Japon mais il semble que peu d’écoles bouddhistes japonaises pratiquent réellement la méditation. La plupart se contentent des études de textes et des rituels (Réf : Philippe Cornu, ethnologue spécialiste du bouddhisme).

Méditation tibétaine

La méditation tibétaine de base se divise en 2 parties : Chiné, la pacification du mental (=concentration), et Lhaktong, la méditation analytique qui permet d’étudier le fonctionnement de notre esprit. Si les tibétains sont ouverts à transmettre la pratique de Chiné à n’importe qui, les pratiques avancées sont plus complexes. Elles se font sous forme de rituels et utilisent des supports tels que des divinités.

Les tibétains séparent deux types de pratiques. La première est liée au mental et a pour but de développer l’amour et la compassion en utilisant les 6 vertus que sont la générosité, l’éthique, la patience, l’effort enthousiaste, la concentration et la sagesse (Chiné et Lhaktong en font partie). La seconde est liée à l’esprit et a pour but de réaliser la véritable nature de celui-ci. Contrairement à ce qui est transmis dans la méditation zen et vipassana, les tibétains ne séparent pas la méditation du reste de leurs pratiques. Si vous désirez apprendre la méditation tibétaine et dépasser le stade de Chiné, une implication et un investissement personnel profonds dans les valeurs tibétaines est nécessaire.

Pour mieux comprendre la différence entre la méditation tibétaine, zen et vipassana, il peut être utile d’avoir une idée plus claire de ce qu’est la PHILOSOPHIE BOUDDHISTE.

Méditation sonore

La méditation sonore utilise un instrument, de la musique ou tout simplement la voix (sous forme d’un son ou d’un mantra) comme objet de méditation. Même si certains objets sont dédiés à cette utilisation, comme le bol de cristal, tout instrument de musique peut toucher profondément et avoir un effet direct sur les cellules du corps ou sur le fonctionnement du cerveau.

Le son peut être un outil thérapeutique puissant qui permet de calmer l’esprit, d’apaiser les turbulences émotionnelles ou de susciter un état de détente profonde ou de conscience modifiée. Si c’est un instrument qui est utilisé, je n’ai jamais rencontré de contre-indications par rapport à ce type de méditation. J’émets plus de réserves pour certains mantras. La plupart des mantras classiques sont bénéfiques, comme le mantra OM qui représente le son primordial de l’Univers ou OM MANI PADME HUM qui invoque la pure sagesse ou OM NAMAH SHIVAYA qui invoque le bien-être. Mais certains mantras puissants sont utilisés dans un but qui n’est pas toujours sain pour l’individu qui n’est pas physiologiquement prêt (voir MT ci-dessous).

Méditation Transcendantale (MT)

La méditation transcendantale est une technique de relaxation et de développement de la conscience qui se pratique à raison de deux séances d’une vingtaine de minutes par jour. Elle consiste à répéter un mantra secret et personnel, choisi par un enseignant. Cette technique, souvent présentée comme une sorte de “pilule magique” (rapide, facile, et qui améliore absolument tous les aspects de votre vie) a été inventée par le gourou Maharishi Mahesh Yogi qui l’a popularisée en Occident. Cette méditation permettrait à l’esprit de se diriger vers un état appelé “conscience pure”.

Mon avis : Un mantra peut être un outil très puissant de transformation. Chanter des mantras n’est absolument pas un problème, mais utiliser tous les jours le même mantra dans le but d’éveiller la conscience peut mener à des états de conscience que l’individu n’est pas prêt à appréhender. Je conseille donc de rester prudent par rapport à ce type de médiation. Pour moi, la MT n’est pas une démarche saine, n’est pas adaptée aux enfants et n’a rien à faire dans les écoles.

Méditations Actives de Osho

Osho, considéré par certains comme l’un des plus grands maîtres spirituels et par d’autres comme un dangereux charlatan (sa fortune à sa mort avait été estimée à un milliard de dollars), a compris que les occidentaux des années 70 n’étaient pas prêts à comprendre les enseignement car ils étaient trop “mentaux”. Il créa donc une série de méditations spécifiques pour les aider à se libérer du stress et des émotions perturbatrices. Ces méditations se font en mouvement, avec de la musique, et aident à “nettoyer” la machine. Il explique sa démarche dans cette vidéo (Activez les sous-titres en bas à droite).

Méditation guidée

La méditation guidée consiste, comme son nom l’indique, à se laisser guider par une voix. Elle peut avoir un but de relaxation, thérapeutique, d’hypnose, de motivation, de détente, de nettoyage émotionnel, ou tout simplement de bien-être. On peut évidemment créer une méditation guidée à partir de tous les types cités ci-dessus.


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